Mon abécédaire de la Cornouaille

Il est parfois utile, quand on part en voyage, d’avoir sous la main un dictionnaire linguistique mais aussi des coutumes et usages de la contrée… histoire de se sentir plus à l’aise tout de suite. Voici MON abécédaire de la Cornouaille, MA Cornouaille en 26 expériences et lieux pour vivre VOTRE Cornouaille.

A = Abers, en Sud-Finistère on dit rias, en français estuaires. Des espaces naturels où l’eau douce et l’eau salée se marient à chaque marée haute. La faune et la flore y sont typiques. En Cornouaille, la Laïta, le Bélon, l’Aven, l’Odet, le Goyen… à découvrir à pied par le GR, en canoë ou kayak ou simplement en croisière commentée pour les moins sportifs et les plus pressés.

B = Bar, pas le zinc où vous prenez votre petit noir du matin. Non, le poisson, le bar de ligne, pêché sportivement dans le Raz de Sein par quelques pêcheurs un peu fous compte tenu des conditions. Mais excellent à déguster mariné puis grillé accompagné d’une purée de patates douces au gingembre.

C = Cidre. Ce breuvage n’est pas l’exclusivité des Normands. Le cidre AOP Cornouaille est le seul cidre en appellation d’origine protégée en Bretagne. La Route du Cidre permet d’aller à la rencontre des producteurs. Jus de pomme, cidre, pommeau, chouchen, à chaque occasion sa boisson.

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Cidre de l’AOC « Cornouaille » et Pommeau

C = Coiffes et costumes, une multitude en Cornouaille. Chaque micro-terroir a son costume, chaque époque, chaque classe sociale. Costume et coiffe sont indissociables – chapeau pour les hommes, dentelles amidonnées pour les femmes. En costume, on peut sortir sans culotte mais jamais sans cheveux disait ma grand-mère… jamais sans sa coiffe !

D = Deltaplane depuis le Menez Hom. Au départ du point culminant de Bretagne, vous prenez votre envol en montagne pour atterrir sur une plage magique.

E = Ecole de Pont-Aven avec Paul Gauguin, Paul Sérusier, Émile Bernard qui firent naître dans un « petit trou pas cher » de notre Cornouaille à Pont-Aven, les bases de l’art moderne. Pour une fois qu’un mouvement esthétique naît en province et qu’il remonte à Paris pour bouleverser l’art, ça mérite le détour.

F = Fête folklorique. Aucun territoire en Bretagne ne concentre autant de fêtes folkloriques où la tradition est à l’honneur. Tous les prétextes sont bons pour en organiser une. Bagadoù, cercles, fest-deiz, fest-noz, tout le monde participe à la fête, alors vous aussi venez en prendre plein les yeux, plein les oreilles et entrez dans la danse.

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Danses traditionnelles de Cornouaille

G = Gavotte, la danse que partage tout le terroir de Cornouaille mais comme chaque micro-terroir veut se différencier de ses voisins, il existe de nombreuses « modes », des variantes. La plus gracieuse, la gavotte de l’Aven de Pont-Aven. La plus spectaculaire, la gavotte d’honneur de Pont-L’Abbé.

H = Henriot, faïences de Quimper d’exception. Chaque pièce est une œuvre d’art. Les motifs peuvent être traditionnels ou modernes. Le cadeau indispensable à rapporter en souvenir, le bol à oreilles marqué de votre nom… en plus du ciré Guy Cotten (pas tous jaunes, existe aussi en marine, rouge ou blanc), de la marinière des Fileuses d’Arvor, du bonnet de chez Armor Lux, des galettes de Pont-Aven, des sardines de Gonidec, la boîte de Pâté Hénaff, le whisky Eddu au blé noir…

I = Intron Varia Beg ar Raz. Notre Dame des Naufragés à la Pointe du Raz, à l’extrême ouest de la Cornouaille… Qui voit Molène, voit sa peine. Qui voit Ouessant, voit son sang. Qui voit Sein, voit sa fin. La mer est souvent cruelle avec les marins et, toujours, les femmes restées à terre ont confié à la Vierge la protection de leurs hommes. Aussi les chapelles s’égrainent le long du littoral. Si vous y entrez ne soufflez jamais sur les bougies, pour chaque flamme éteinte vous feriez périr un marin en mer !

J = Jaune, la couleur des fleurs de notre Cornouaille – le pays melenig comme on dit à Elliant. Primevère annonçant le printemps. Pissenlit sur lequel on souffle en faisant un vœu ; si toutes les graines s’envolent, il se réalisera. Bouton d’or à placer sous le menton pour savoir si vous aimez le beurre salé ; plus votre peau est jaune, plus vous êtes accro. Colza, dont le miel calme les brûlures d’estomac. Et surtout ajonc et genêt à ne pas confondre. L’ajonc fleurit à la fin de l’hiver ; il sent bon le pain frais, la noix de coco mais il pique ! Le genêt, sans épine, qui fleurit en été sur nos talus et dans nos jardins, est idéal pour faire des balais à nettoyer la cour. L’un et l’autre ont donné leur nom à une fête folklorique « Les Fleurs d’Ajonc » à Pont-Aven et « Les Genêts d’Or » à Bannalec.

K = Kouign-amann, du breton « kouign » pour gâteau ou brioche et « amann » pour beurre, bref que du bon sauf pour le régime ! Pain, beurre, sucre, meilleur quand il est tiède. Souvent imité, jamais égalé, le kouign-amann, le kouign des gras… les authentiques, les originaux sont en Cornouaille.

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Kouign-Aman, pâtisserie traditionnelle de Cornouaille

K = Ker. Pour cette lettre aussi, je suis obligée de mettre 2 mots. Ker est à toutes les sauces en Bretagne, ville, lieu-dit, nom de famille, marque… Et oui la signification est multiple selon la taille de ce dont on parle mais la racine commune c’est la pierre. Du coup Ker, c’est la pierre, le menhir – c’est la maison – c’est le village – c’est la ville… avouez que c’est toujours plus facile à prononcer que les villes d’Alsace !

L = Langoustine appelée aussi la demoiselle, l’emblème du 1er port de pêche artisanale de France : Le Guilvinec. L’arrivée des bateaux, le débarquement du poisson et la criée sont des moments que vous ne verrez qu’ici.

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Langoustines, demoiselles de Loctudy, port de pêche en Cornouaille

M = Musique, elle fait partie du quotidien, beaucoup de jeunes vont au bagadig comme ils vont au foot. Le bagad est un ensemble musical composé de binious/cornemuses, bombardes et percussions. Attention c’est du sérieux, il existe une fédération et un championnat des bagadoù avec des poules, des classements en catégories (divisions) et les meilleurs sont en Cornouaille : en 65 ans de concours, 25 titres de champions en Cornouaille. La musique est si puissante que vous en ressentirez les vibrations et les basses jusque dans le creux de l’estomac et qu’elle vous hérissera les poils des bras.

N = Narcisse des Glénan, espèce unique au monde qui ne fleurit qu’en avril sur la réserve de l’île Saint-Nicolas des Glénan – sans doute la plus petite réserve naturelle de France. L’île reste accessible toute l’année pour jouer les Robinson Crusoé, découvrir les fonds marins en plongée ou bateau à fond de verre, naviguer en canoë entre les îlots et s’échouer sur un banc de sable. Les Glénan, c’est les Caraïbes bretonnes, en Cornouaille. Pour les enfants, c’est l’idéal pour leur donner la notion d’ile, ils peuvent aller dans tous les sens pour toujours buter rapidement sur l’océan. Le jour du pardon en septembre, il y a foule, pour la bénédiction des bateaux.

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Narcisse endémique de l’Archipel de Glénan

 

O = , c’est la marque du pluriel en breton. Un bagad, des bagadoù… non, non, un bagadou ça n’existe pas et ce n’est pas non plus un musicien du bagad. Un aven, des avenoù. Un fest-noz, des festoù-noz (oui, noz invariable c’est la nuit, au singulier ; ce sont les fêtes qui sont au pluriel).

P= Penn-sonneur, le chef d’orchestre d’un bagad. Penn, en breton, c’est la tête et sonneur le musicien. Il dirige et il joue, alors autant dire qu’il est au four et au moulin. Avec le « Triomphe des sonneurs »  on vit un moment unique des fêtes qui « prend aux tripes » : tous les musiciens jouent ensemble le même morceau regroupés par pupitre (instrument) et non plus par groupe ; tous les penn-sonneurs en tête suivis des autres pupitres. Unique !

P = Phare d’Eckhmül à Penmarc’h : à prononcer « Pinmar » et non « Pènemarche » même si le monument se mérite, près de 250 marches ! Un phare visitable, c’est déjà rare, mais du haut de ses 60 mètres la vue est superbe, depuis la Pointe du Raz jusque l’île de Groix. On en oublie ses mollets. Pour un défi sportif, participez à la course de montée des marches.

Q = Quimper, capitale du Finistère et de la Cornouaille et qui nous vaut la blague « Pourquoi les Bretons sont-ils tous frères ? Parce qu’ils ont Quimper ». Peut-être le Roi Gradlon, qui veille à jamais sur ses sujets cornouaillais du haut de la cathédrale ? Levez la tête, il est entre les flèches en haut desquelles on peut monter chaque 1er dimanche du mois.

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Quimper, Ville d’Art et d’Histoire, capitale de la Cornouaille et capitale culturelle de la Bretagne

R = Raz, Pointe du Raz, Grand Site de France… pointe extrême de la Cornouaille, juste en face l’île de Sein et après : c’est l’Amérique ! Le meilleur spot aussi pour capter le rayon vert.

S = Sardines, une spécialité fraîche ou en boite. Fraîche en été, période où les pêcheurs la prennent dans leurs filets bleus sur nos côtes. Toute l’année, en entrée à l’huile et aux aromates, les sardines debout avec des patates à l’eau ou grillées. En Cornouaille, de nombreuses générations ont vécu de la sardine. Les coiffes des femmes et les ouvrières travaillant dans les conserveries s’appelaient d’ailleurs les penn-sardines. La fête des Filets Bleus à Concarneau est née d’une crise sardinière en 1905 ; à l’époque, les sardines avaient désertées nos côtes…

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Sardines, traditionnellement pêchées dans la baie de Douarnenez

T = Torche, la Pointe de la Torche battue par les vents et ses vagues incroyables. Un spot exceptionnel pour le surf, championnat de France, championnat du monde, toujours du grand spectacle !

T = Troménies à Locronan, grande tous les 6 ans (procession de 12km), petite tous les ans (6km). Avec Sainte-Anne-La Palud, ce sont les plus grands pardons de chez nous. Les pardons constituent une spécificité du folklore et de la religion en Bretagne. Chaque paroisse a son « Saint » protecteur qu’il honore une fois dans l’année. Lors du pardon : bannières, reliques, Saint sont portés en procession, une messe est dite. Il n’est pas rare d’y voir des personnes en costumes bretons, mais ce n’est pas l’objet de la cérémonie. Les premiers peintres ont été très surpris par la piété des Bretons et ont fait de ces pardons un sujet de l’école de peinture bretonne… à voir dans tous les bons musées.

U = Université de la crêpe de Saint Jean Trolimon, près de Pont-L’Abbé !

V = Ville-Close à Concarneau, Konk Kerne, littéralement coquillage de Cornouaille. Site pittoresque, la Ville-Close déploie des ruelles étroites sur cet îlot rocheux fortifié entre 1541 et 1577 et ces fortifications ont ensuite été renforcés par Vauban au XVIIIème siècle. Ville d’Art et d’Histoire, le service du patrimoine propose de nombreuses visites guidées à thème ou des ateliers pour les enfants.

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la Ville Close à Concarneau, Ville d’Art et d’Histoire

W = War’leur, avec Kendalc’h, ce sont les 2 fédérations de danses regroupant les cercles celtiques, ensembles de danseurs en costumes (et pas déguisés, vous vous feriez remarquer !) qui transmettent les danses traditionnelles et font vivre cette discipline en créant des chorégraphies contemporaines. Comme pour les bagadoù, il existe des concours avec des notations lors de leurs différentes représentations. A nouveau l’excellence est en Cornouaille et les fêtes sont nombreuses pour assister au spectacle.

X = Xavier Grall, un des nombreux écrivains qui ont élu domicile en notre Cornouaille. « Nous referons cette Cornouaille mortelle, Dans le lit des hautes herbes, Et ton corps aux semences mélangées, Engendrera tout un pays de fougères et de genêts »

Y = Ys, la ville d’Ys, notre Atlantide cornouaillaise, engloutie dans la baie de Douarnenez alors que le Roi Gradlon, avec l’aide de Saint-Guénolé, tentait vainement de sauver sa fille Dahut des griffes de Satan à qui elle avait vendu son âme et donné les clés de la ville. Les dimanches de Pentecôte, lorsque l’on navigue en baie au-dessus de la ville disparue, on entendrait sonner les cloches à midi…

Z = « Zen soyons zen, du sang froid dans les veines, soyons zen » si vous ne l’étiez pas en arrivant, vous le serez en repartant.

et encore ! Je n’ai rien dit sur le homard, sur Gauguin, sur les galettes de Pont-Aven, les huîtres du Bélon, les couchers de soleil, les petits ports, les conserveries, la broderie et Pascal Jaouen… c’est que MON abécédaire de la Cornouaille est loin d’être exhaustif… à vous d’écrire le vôtre à partir de vos propres découvertes…

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