A la découverte de la Saboterie de Cornouaille

La visite dans la Saboterie de Cornouaille fut un évènement marquant pour moi: non seulement j’ai appris plein de choses concernant ce beau métier devenu si rare de nos jours, celui de sabotier, mais j’ai également vécu un inoubliable et chaleureux moment humain.

Dès notre arrivée, on est bien accueillis, mon mari et moi, par Gribouille, le chien du sabotier. Le fidèle compagnon de Claude Pelletier figure sur une pancarte à côté de la porte et accompagne son maître durant de longues journées dans l’atelier où l’artisan s’occupe lui-même de tout de A à Z.

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Ici, tout commence par le hêtre, dont de massifs troncs attendent à l’extérieur leur tour d’être transformés en sabots. Le sabotier nous explique que ceux qui exercent ce métier sont les derniers à utiliser du bois vert, contenant de la sève. Ce type de bois, que les sabotiers coupaient jadis directement en forêt, est plus souple et plus facile à travailler en machine. Rien ne se perd, car les copeaux de hêtre sont très précieux, servant ensuite à fumer des spécialités locales, comme par exemple l’andouille.

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Mais revenons à nos… sabots. Comment passer d’un bout de bois à ce bel objet traditionnel ? C’est d’abord une première machine qui fait le tour extérieur, et une autre qui creuse ensuite l’intérieur du sabot. Puis, il faut prévoir six mois pour le séchage. Vient ensuite le fumage pour faire sortir la sève, le lissage, le travail du cuir, de teinture et de vernis. La dernière étape qui couronne l’œuvre est la signature du sabotier, qui peut même être posée en présence du client si tel est son souhait.

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Le processus de fabrication est donc long et complexe, mais le sabotier n’a pas du tout l’air de s’en plaindre. Bien au contraire, c’est quelqu’un de passionné qui raconte son métier avec les yeux qui pétillent. Il nous présente avec fierté le prestigieux label « Entreprise du patrimoine vivant » qu’il a réussi à obtenir, rejoignant ainsi quelques rares entreprises finistériennes, dont le savoir-faire artisanal ou industriel d’excellence a été reconnu par l’Etat. Pour nous, c’est vraiment magique de découvrir les coulisses de la création de ces objets uniques qui prennent forme avec des gestes ancestraux, transmis de génération en génération.

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Comment ce beau projet a-t-il commencé ? Après avoir travaillé dans l’aviation, Claude Pelletier a souhaité reprendre une entreprise avec un savoir-faire susceptible de disparaître. Il a visité plusieurs ateliers, mais avec le coup de cœur pour la saboterie, la décision a vite été prise ! A l’époque où il se lançait, en 2011, il y avait encore 17 saboteries en France, dont cinq en Bretagne. Aujourd’hui, il n’en reste plus que deux en Bretagne et seulement huit dans tout le pays. Voilà pourquoi le défi est important, surtout en sachant qu’autrefois, il y avait au moins une saboterie dans chaque village en Bretagne.

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Pour le sabotier, la transmission et la survie de ce savoir-faire ancestral lui tiennent vraiment à cœur. Comme depuis 1962 il n’y a plus aucune école de saboterie, ce métier se transmet d’homme à homme. Ainsi, Claude Pelletier a passé un an avec son prédécesseur pour l’apprentissage. Son souhait professionnel le plus cher, c’est de pouvoir transmettre le métier à un autre futur sabotier. Ce désir se reflète dans la signature qu’il a choisie (c’est ce qui se trouve au bout du sabot et qui permet aux sabotiers de reconnaitre le travail des « cousins », comme ils s’appellent entre eux) où une patte d’oie signifie: « J’ai appris mon métier avec quelqu’un » et l’autre: « J’espère transmettre le métier à une personne ».

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On peut se demander qui achète aujourd’hui des sabots. Le public intéressé est variable : il y a des collectionneurs, des amoureux de la Bretagne pour qui c’est la base ancestrale, mais aussi des étrangers et des jeunes ! En effet, le premier client de la saboterie avait 25 ans et les sabots bretons de Riec-sur-Belon ont déjà fait le tour du monde avec des commandes venant du Japon, de Colombie, de Chine, de Patagonie… Malgré les idées reçues sur les sabots, il faut savoir qu’ils sont très confortables à porter, légers et nous tiennent chaud, car le bois est un parfait isolant. Un autre atout incontestable est la possibilité de les personnaliser pour que notre paire de chaussures soit vraiment unique et parfaitement adaptée à nos goûts.

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Si j’ai réussi à vous mettre l’eau à la bouche, vous pouvez découvrir plus de détails sur le travail du sabotier sur le site de la Saboterie de Cornouaille. Encore mieux, ce serait d’en admirer les résultats en personne dans le magasin situé dans le même bâtiment que l’atelier à Riec-sur-Belon. Vous y serez sans doute accueillis aussi chaleureusement par le maître des lieux et Gribouille que nous l’avons été.

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Informations pratiques

Vous trouverez d’autres informations sur les étapes de fabrication et une boutique en ligne sur le site de la Saboterie de Cornouaille.

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Office de tourisme

Office de tourisme de Quimperlé Terre Océane


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